À ma Mère (1921-2016) à l’origine du titre « Le rêve assassiné »…
Prix 2017 de la Fondation pour la Mémoire de la Guerre d’Algérie des Combats de Maroc et de Tunisie
Maïa Alonso nous propose un nouvel ouvrage. Il n’a pas tout à fait la même respiration que ses précédentes publications, il est plus réaliste, très documenté, mais il conserve un côté poétique et imagé qu’elle aime donner à ses écrits.
C’est l’histoire vraie de Félix Vallat, maire dans les années 1950 d’une petite commune de la plaine du Ghriss à 300 km au Sud-Ouest d’Alger. Histoire dramatique, puisque le héros et Madeleine, son épouse seront assassinés un soir d’avril 1958 par les hommes de l’ALN. Leurs trois enfants échappent miraculeusement à la mort.
Félix Vallat voulait rapprocher les communautés de son cher pays, il a œuvré pendant une douzaine d’années pour cela. Il ne ménageait ni son temps, ni son argent pour tenter d’y parvenir. Il engageait ses amis dans cette action. Mais les pesanteurs sociales, politiques et religieuses se sont opposées à cette mission et ont choisi de l’éliminer.
L’auteure nous emmène dans le quotidien de cet édile pas comme beaucoup d’autres. Elle nous fait visiter cette région de Mascara, le village de Thiersville, village de France, où il faisait bon vivre mais où les « événements » ont troublé la sérénité de la petite cité. Pour cela, elle est allée aux sources de cette histoire, elle a rencontré les témoins, consulté les documents, les archives et a obtenu la collaboration de la famille Vallat et celle des anciens du village. Cela nous donne un roman historique avec beaucoup d’anecdotes et de photographies. Une œuvre remarquable, triste et vraie, que les lecteurs apprécieront d’autant que sa lecture est particulièrement aisée et agréable.
Roger Vétillard, historien - Pour Mémoire Vive du CDHA -
Ton livre est lu. Il est vrai, authentique. Je me suis retrouvé dans la famille Grégoire à Batna. Ils m'avaient invité avant que je rentre. [...] . J'ai tout aimé mais entre la page 187 et 192, c-est exceptionnel ! Tout est dit. C'est très bien écrit. J'ai vraiment bien aimé lire ce livre. - Gérard del Mar
Ce récit, de plus en plus captivant, a le mérite de faire comprendre que les « colons » diabolisés par la propagande du FLN algérien étaient des êtres humains qui ne méritaient pas nécessairement la haine qui les a frappés (contrairement à ce que pensaient les émules de Jean-Paul Sartre). Mais le lecteur peut légitimement se demander si la volonté de les réhabiliter ne risque pas d’entraîner son auteur à une glorification sans nuance. En réalité, il n’en est rien. Maia Alonso ne se contente pas de rappeler tous les bienfaits distribués par ses héros malheureux à leurs voisins musulmans : elle s’attache aussi à expliquer la logique impitoyable des chefs du FLN et les motifs de la soumission de la population musulmane, qui laissa faire le meurtre de leurs bienfaiteurs sans qu’un seul de leurs obligés ait le courage de les prévenir ; et elle s’interdit même de cacher les sanglantes représailles qui ont suivi. Dans sa postface, l’éditeur Wolf Albes signale à juste titre que « l’auteur n’a rien caché, même au risque de heurter certaines sensibilités. Mais oui : il y a eu une répression sanglante après l’assassinat de Georges Mauriès (ami de Félix Vallat, victime lui aussi d’une embuscade près de sa ferme le 6 janvier 1957) et celui du couple Vallat, où des dizaines de civils musulmans furent froidement exécutés. Mais nous savons parfaitement que les héros eux-mêmes se seraient opposés à cette folle vengeance ». Guy Pervillé, historien (extrait)
Chronique émouvante de la vie heureuse et très largement exemplaire de Félix et Madeleine, avant leur sauvage assassinat par un FLN soucieux d’éliminer les apôtres les plus efficaces du rapprochement entre les communautés. J’ai grand peine à croire au côté « romancé » du récit, tellement les vies, les rencontres et les événements coulent de source et sont bien documentés.
Cet ouvrage me paraît être l’œuvre d’une vie d’auteur, talentueux et engagé, à raison. Après la lecture et la conclusion de celui-ci, on ne peut pas s’empêcher quelques réflexions, à propos des « colons » moins ouverts que les héros décrits, et certainement vis à vis des algériens et des musulmans en général, au vu des actualités de ces dernières années. Je m’en voudrais de porter un jugement, péremptoire, et le garderai pour moi ! J’ai vraiment énormément apprécié ce livre et n’hésite pas à le recommander, aujourd’hui, car il me semble d’actualité. Marcel Moëns
Lors de la remise du prix à Paris. 22 octobre 2017.
