Juste un reflet sur la vitre

Édition Lazare et Capucine, 2020

                                                             à mon frère Pierre, mon complice de toujours

Maïa Alonso, auteure gersoise a publié de nombreux romans, notamment sur le thème de ses racines en terre d’Algérie.

Aujourd’hui c’est son lien avec son cher terroir gersois qui est à l’honneur dans un beau roman écrit avec toute sa sensibilité habituelle.  Éditions Lazare et Capucine

 

Après plusieurs ouvrages et romans traitant de l'Algérie d'autrefois, Maïa Alonso raconte une étonnante histoire de famille dans un château au cœur du Gers: fantôme, mensonges, trahison, musique, amour, pardon, avec pour cadre la merveilleuse toscane gersoise.

L'auteure aime sa région et nous la fait aimer.

 

Maquette réalisée à partir de ces photos : selfie de Carole Guère, puis extraction du reflet retravaillé par Jane Grogan

Une vie entre deux amours, un lien fatal, un secret jalousement gardé jusque là...

Dans Juste un reflet sur la vitre, on retrouve Marie, la jeune héroïne du Soleil colonial au royaume des cailloux, 45 ans plus tard, en 2007. Elle va mourir au sein de sa famille : Pascal, l'époux attentionné et leurs trois filles, Lucie, Joy et Émilie, dans leur vieille demeure gersoise, le château du Prado.  La révélation du secret de Marie va bouleverser chaque membre de sa famille à l’exception  de la benjamine, enfant indigo, qui danse avec les sangliers.

Pour Émilie, après le dernier soupir, la vie continue sur un autre plan vibratoire...

Ce sera le thème d'une suite en projet... mais pas immédiat !

Entretien du 27 aout 2020 sur Radio Coteaux avec le journaliste Pierre Escorsac (pour écouter, cliquer sur le lien)

Une émission d'une heure avec 3 pauses musicales : Schubert Trio andante, "Gracias a la vida" M Sosa y J Baez et "Hallelujah" par Tim Buckley

Ils l'ont lu...

"Un roman très abouti où se mêlent, comme dans une tapisserie ancienne, le présent et le passé, le réel et l’onirique, dans des pages magnifiques, comme celle, digne d’une anthologie, de l’accouchement de l’enfant du futur.

 

Un hymne à l’amour, secret, mystérieux, bouleversant", écrit dans "Babélio",

par l’auteure linguiste Michèle Perret

Les décennies se succèdent, et à la veille des soixante ans de notre « Grand dérangement », pour parler comme nos lointains- et proches – cousins d’Acadie,cela se traduira dans les livres par l’accentuation d’un mouvement déjà amorcé, avec la disparition désormais accélérée des derniers Témoins de l’Algérie française. La part des ouvrages de souvenirs achèvera de s’estomper, celle des essais à vocation historique se maintiendra tout en laissant une place de plus en plus grande aux apports de l’extérieur : enfants ayant « mûri », petits-enfants, et chercheurs de vérité. Ce propos liminaire est dépourvu de toute aigreur, sous-tendu par la Parole : « Si le grain ne meurt... ». Entre souvenirs et essais, notre compatriote Maïa Alonso a d’emblée emprunté une voie médiane dès ses premiers ouvrages. Et elle a tracé sa route en suivant le chemin de la pure littérature, jalonné d’étapes-caravansérails, à la recherche d’un Sud profond : je pense ici à « L’Odyssée d’un Grain de Bled... », au
« Soleil colonial... », au « Papillon ensablé ». Cela la mène aujourd’hui à ce mystérieux « Reflet sur la vitre ». Et quelque chose me dit qu’elle n’a pas encore atteint l’issue de son voyage littéraire. Bien entendu, ce Sud n’est pas, n’est plus en tout cas, un lieu géographique précis, mais le terme d’une odyssée de l’âme. Le rôle de cette recension n’est pas de résumer un ouvrage complexe dans lequel Maïa nous montre qu’elle a atteint sa maturité d’écriture. Il est d’éviter au lecteur issu de notre pays perdu de partir sur un chemin de traverse en quête d’une Algérie-mirage qu’il ne trouverait bien sûr pas et qui le laisserait, non sur sa faim mais sur sa soif, égaré et déçu. Car l’Algérie pétrie de chair s’efface dans cet ouvrage, au rythme des générations qui se succèdent...Et pourtant ! Pourtant, au fil de l’intrigue qui se développe par bonds, avec de fréquents retours dans le passé, « elle » est pourtant là, rôdant comme une ombre douloureuse….sur le reflet d’une vitre. Ceci n’est d’ailleurs pas qu’une image. Dans ce livre, se développe de façon de plus en plus prégnante une atmosphère qui n’avait jusque là, dans les ouvrages précédents, été que furtivement, discrètement, esquissée, qui révèle la présence d’un « monde parallèle ». Je n’en dirai pas plus ici et maintenant. Mais une chose est certaine. En poursuivant sa création et en l’affinant au mesure des livres qu’elle nous livre , Maïa Alonso fait, au sens fort, historique du terme, œuvre algérianiste. Je gage que Robert Randau, mais aussi Louis Lecoq et Charles Hagel, auraient apprécié ce travail en ce sens que l’Algérie, bien plus qu’un décor, était pour eux le signe d’un état d’esprit et le ferment d’une littérature qui n’avait pas besoin d’être « régionaliste » pour être l’expression « d’Algériens », donnant ainsi toute sa juste part à la contribution de notre Terre natale à la littérature universelle.

                                                                                                                        Pierre Dimech, contributeur de la revue l'Algérianiste, 2020

 

Maia Alonso ne sera jamais une romancière réaliste. L’arrachement de la petite fille de son humus, l’Algérie, au moment de son indépendance, les violences terroristes du FLN contre les siens, elle les a toujours sublimés soit par la poésie (L'odyssée de Grain de Bled en terre d'Ifriqiya), soit carrément extériorisé dans un récit (Le rêve assassiné), soit pour ses romans précédents dans des fictions baignant dans des atmosphères particulières, l’on pourrait dire poétiques. Il en va de même pour ce nouveau roman au titre magnifique, Juste un reflet sur la vitre.

 Histoires de couples qui se font, se défont et se refont, ‘’Songe d'une nuit d'été’’ de Shakespeare a beaucoup inspiré, au théâtre comme au cinéma (notamment avec Bergman, et Woody Allen), et là, l’auteur nous propose sa version bien à elle, certes pas dans le registre de la comédie (à moins de lui ajouter l’épithète humaine) de ce combat perpétuel entre ces forces qui nous poussent à aimer et/ou à détruire. Ce qui est aussi une manière d’échapper au traumatisme fondateur du pays volé. Dès la première phrase, l’héroïne, Marie-Sahara, ne se débarrasse-t-elle pas du fardeau : le petit caillou que Rachid lui avait donné et qu’elle jette du bateau qui exile à jamais l’orpheline, puisque ses parents avaient été assassinés. Elle avait 15 ans. Et elle en a désormais 60. Nous sommes en 2007 et elle va mourir, dans ce qui fut sa terre d’accueil, le Gers. Mais va-t-elle vraiment mourir, puisque agonisante elle va détruire et de cet autre monde, elle va aider à reconstruire ?

 Entre ces deux extrêmes mortifères, Maïa Alonso, nous déroule 45 ans de vie de son héroïne devenue simplement Marie, 45 ans d’amour-trahison, cette espèce d’amour qui n’est justement pas trahison. Mais je l’ai dit, Maïa n’est pas une romancière réaliste. Son écriture lyrique et magique avance comme par une série de caresses, même quand les situations sont rudes, avec des scènes d’anthologie (la rencontre d’Émilie avec une laie, ou l’accouchement de Lucie).

 En dire plus serait indélicat, il faut découvrir par soi-même cette belle œuvre où se décline de cent manières la devise de Maïa empruntée à Dos Passos, Vous pouvez arracher l'homme du pays, mais vous ne pouvez pas arracher le pays du cœur de l'homme,(qui pourrait être mienne en remplaçant ‘’pays’’ par ‘’peuple’’) et où même sans l’omniprésence de Schubert, tout, arbres et animaux inclus, est musique des âmes. 

                                                                                                                     Jean-Pierre Lledo, cinéaste, 1er Aout 2020

 

Dépêche du Midi - Gers - Jeudi 13 mai 2021

Le château du Pradel à Samatan qui a inspiré le Prado...

A retrouver sur ma chaîne Youtube...