A demain dans les étoiles

Edotions Atlantis, 2023 - 15 euros

Ce recueil d'écrits au fil d'un demi-siècle, retrouvés, choisis, rassemblés, va vous permettre , si vous savez lire entre les lignes, de découvrir l’écrivain à fleur de peau qui se cache derrière l’apparente légèreté de ses vagabondages ou la gravité plus marquée de ses amours mortes. Lisez sans retenue et consommez sans modération.

C’est après, quand vous aurez refermé le livre, que vous comprendrez ce qui a guidé Maïa dans le choix de ce qu’elle vous propose…

car il y a un fil conducteur… 

Danièle Strazza

(This collection of writings spanning half a century, rediscovered, selected, and compiled, will allow you, if you know how to read between the lines,

 

to discover the raw, sensitive writer hidden behind the apparent lightness of his wanderings or the more pronounced gravity of his lost loves. Read without restraint and consume without moderation. Read without restraint and consume without moderation. It's only afterward, when you've closed the book, that you'll understand what guided Maia in her choices... because there is a common thread...)                                                                                                                

Préface de Danièle Strazza

 Depuis toujours Maïa aime écrire.

 Dès qu’elle a su former ses lettres, elle s’est enivrée du glissement feutré du crayon sur le papier, très vite emportée par la magie fascinante de la page blanche, ouverte sur les rêves, les joies ou les chagrins.

 La petite fille heureuse qui courait après le vent dans l’éblouissante lumière de sa terre natale, de l’autre côté de la Méditerranée, a fait place à une adolescente solitaire, révoltée par la déchirure de l’exil.

 Plus que jamais, alors, elle a confié ses secrets et ses peurs à cette compagne muette qui pouvait tout entendre, tout comprendre.

 Ainsi soulagée de ses questionnements et de ses doutes, la jeune fille s’est épanouie pour devenir une femme libérée, libre de vivre avec force et d’aimer avec passion le ciel, la terre, les regards et les instants, moments d’éternité à jamais gravés dans son cœur… Comme le souvenir de ceux qui sont venus et sont partis, l’enrichissant de cette indélébile douleur qui ressurgit, parfois impalpable, parfois plus vive, dans tous ses romans.

 Ce recueil d’écrits au fil des ans, retrouvés, choisis, rassemblés, va vous permettre, si vous savez lire entre les lignes, de découvrir l’écrivain à fleur de peau qui se cache derrière l’apparente légèreté de ses vagabondages ou la gravité plus marquée de ses amours mortes.

 Lisez sans retenue et consommez sans modération. C’est après, quand vous aurez refermé le livre, que vous comprendrez ce qui a guidé Maïa dans le choix de ce qu’elle vous propose… car il y a un fil conducteur… 

 

Etape de la création de la couverture par Carole Croity Guère

À l'ombre du vent bleu 

(une des nouvelles)

 

Je voudrais qu’il fasse plein jour. J’arriverais rieuse auprès de vous, gourmande de soleil et de miel. Gourmande de vos paroles. Gourmande de tout ce qui me vient de vous. Je vous retrouverais sous l’olivier antique qui hante mes rêveries. Nous serions assis sur la terre rouge. Oublieux du temps pour nous inventer une enfance commune et des souvenirs.

 De toute façon qui peut savoir ce qu’il y a eu… avant ?

 La mémoire ne précède-t-elle pas notre naissance ?

 Oui, ce serait le plein jour, et je serais de flamme et de soie pour recueillir votre regard, votre sourire. Je me ferais silence immobile, pour ressembler à la dame-oiselle qui a su se faire une cage dans votre esprit. Et puis, je délacerais mes chaussures et m’éloignerais en courant, les pieds nus sur la terre brûlante. Rire encore.

 Vous vous tiendriez en retrait, à l’ombre de notre olivier, mi moqueur, mi complice. Dans ce vent bleu qui souffle en mon âme. La même musique coulerait en vous.

 Me revoici, homme au coeur pur. Le miel coule de mon coeur. Je viens te parler de la spirale, symbole d’éternité de lumière de silence. Ces espaces illimités où tu m’entraînes.

 Les paroles envolées de ses lèvres toujours rieuses, elle s’est appuyée au tronc rugueux un peu rouge après sa course. Il a levé son regard piqué d’étoiles vers elle. Il sait qu’il l’a toujours connue.

 Du doigt dans l’air, elle dessine la spirale, puis se laisse glisser contre lui :

 Quand je suis près de vous je me sens devenir si douce…

 Il plisse un peu les yeux, garde ses distances. Elle est moins docile que le torrent, alors il est sage pour deux. Mais la ferveur de la jeune femme l’ébranle. Elle s’est juste ajoutée à son existence comme les bulles dorées au vin de France.

 Tu es l’invisible complice cachée dans mon sourire dans mes pensées et personne chez moi ne se doute de l’hôte qui s’est installée à l’insu de tous…

 Vive, elle lui tend les mains. Ce sont deux oiseaux de lumière, messagers du silence envoyés par le Seigneur de la vie. Mains pour dispenser, répartir, mais aussi qui savent prendre dans la joie ce qui vient de lui. Elle saisit les siennes, y enfouit son visage ébloui de la lumière qu’il reflète en elle. Elle y dépose son sourire sans un mot, souffle chaud. Il a refermé les doigts sur ce chaste baiser puis il est parti sans se retourner.

 Alors seule dans la clarté trop vive qui fait briller les yeux, elle a chanté. Sa voix l’a accompagné, virevoltant tout autour de lui, l’entourant d’ailes transparentes.

 Il sait que désormais il ne sera jamais seul…

 Où qu’il se trouve, désormais il entend ses pensées.

 Quand vous lèverez la tête vers le ciel magique de la nuit, faites-moi, s’il vous plaît, une petite place sous votre front.

 Le ciel plane sur la mer et là-bas, au loin, de l’autre côté, la terre de chez nous… à l'ombre du vent bleu. 

 

(Google translation) : 

I wish it were broad daylight. I would arrive beside you, laughing, hungry for sunshine and honey. Hungry for your words. Hungry for everything that comes from you. I would find you beneath the ancient olive tree that haunts my daydreams. We would sit on the red earth. Oblivious to time, inventing a shared childhood and memories.

 

Anyway, who can know what came before?

 

Doesn't memory precede our birth?

 

Yes, it would be broad daylight, and I would be flame and silk to receive your gaze, your smile. I would become motionless silence, like the dame-oiselle who knew how to build a cage in your mind. And then, I would untie my shoes and run away, barefoot on the burning earth. To laugh again.

 

You would stand apart, in the shade of our olive tree, half-mocking, half-accomplice. In this blue wind that blows through my soul. The same music would flow within you.

 

Here I am again, man with a pure heart. Honey flows from my heart. I come to speak to you of the spiral, symbol of eternity, of light, of silence. These boundless spaces into which you draw me.

 

The words, still laughing, escaped her lips as she leaned against the rough, slightly reddened trunk after her run. He looked up at her, his eyes sparkling with stars. He knew he had always known her. With a finger in the air, she traced a spiral, then slid down against him: "When I'm near you, I feel myself becoming so gentle..."

 

He narrows his eyes slightly, keeping his distance. She is less docile than the torrent, so he is wise enough for both of them. But the young woman's fervor shakes him. She has simply been added to his life like golden bubbles to French wine.

 

You are the invisible accomplice hidden in my smile, in my thoughts, and no one at home suspects the guest who has moved in without anyone knowing…

 

Lively, she held out her hands to him. They were two birds of light, messengers of silence sent by the Lord of Life. Hands to give, to distribute, but also hands that knew how to joyfully receive what came from him. She took his hands, buried her face in them, dazzled by the light he reflected back at her. She placed her smile there without a word, a warm breath. He closed his fingers around this chaste kiss and then left without looking back.

 

Then, alone in the too-bright light that makes eyes shine, she sang. Her voice accompanied him, swirling all around him, surrounding him with transparent wings.

 

He knows that from now on he will never be alone…

 

Wherever he is, he can now hear her thoughts.

 

When you raise your head to the magical night sky, please make a little space for me beneath your brow. The sky hovers over the sea, and there, far away, on the other side, is our homeland… in the shadow of the blue wind.